J'exprime ici une opposition ferme et définitive à ce projet d'AFSB, tant les raisons sont nombreuses, il est difficile de savoir par quel argument commencer. Tout d'abord, certains éléments de l'Etude d'impact, en l'occurrence celui concernant l'évaluation socio économique date d'il y a 10 ans maintenant. Entre temps, nous avons connus, par exemple, une importante densification de la population , notamment sur Bègles et Villenave d'Ornon. Il est attendu que ces aménagements, privilégiant clairement les déplacements à Grande Vitesse, accroissent d'avantage cette densification et cette urbanisation. Si en terme économique cette perspective peut être intéressante pour certains , c'est ignorer les limites de ce raisonnement tant au niveau écologique (l'artificialisation des sols) qu'au niveau légal (Objectif ZAN), comme semble le pointer l'autorité environnementale. D'un point de vue générale, et la publication estivale de cette enquête environnementale en témoigne, tout est fait pour que personne n'ait à remettre en question ce projet et ne puisse simplement en comprendre les enjeux de manière technique. D'ailleurs, l'AE et le CNPN dénonce le caractère difficilement intelligible du dossier. En effet, ce dernier est très long et dense, mais pour une bonne et simple raison : Pourquoi les AFSB? On ne sait pas. Enfin, la Région et SNCF réseau nous avancent des arguments mais sont-ils seulement crédibles? Quels sont les réels enjeux derrière ce projet? Il est pointé qu'aucune analyse des déplacements ferroviaires n'a été réalisée, ni les effets induits. L'AE semble en déploré l'absence dans l'Etude d'Impacts. Tout comme ce qui concerne le transports de matières dangereuses. Les tenants du projets expliquent que le risque est très faible et sécurisé, en réalité c'est que la question ne se pose pas ou plus à l'heure actuelle: le fret est quasi inexistant et tend à disparaître de la SNCF (sur le rail , du moins!). Donc le fameux report modal que l'on attend tous, nous qui croyions jusqu'à présent que les camions pourraient ainsi déserter la rocade ou l'Autoroute en transférant leurs chargement sur les trains, nous serions bien naïfs de penser que ce projet permettrait de nous l'apporter , il n'est pas étudier pour le transport de fret. Y a-t-il simplement UNE étude sur cet hypothétique report modal? Non , la réponse se trouve d'avantage du côté du transport des voyageurs souhaitant se rendre à Toulouse le plus rapidement possible. Quotidiennement? Il y a actuellement 5% des usagers de la SNCF qui prennent le TGV en moyenne. Parmi ces 5%, 48% d'entre eux sont cadres. Ce sont ces populations qui auront le plus intérêt, dans leurs transports quotidiens ou fréquents, à utiliser la ligne LGV que favoriseront les AFSB. Ils ne représentent que 10% des Français! Peut-on réellement parler d'intérêt public , alors que nous autres, habitants du territoire, allons voir scarifier notre paysage, sacrifier nos espèce animales et végétales endémiques, sans avoir l'usage ni l'utilité de ce type de transport, attendant sur le quai que le TER passe et en plus payer une facture au montant mal chiffré sur nos impôts fonciers (TSE)? Si l'on veut me convaincre du contraire, que l'on me dise alors qui paie le chèque en bois (dans une situation déficitaire de notre pays, je le rappelle) pour payer ces travaux pharaoniques et quel sera le prix du billet à la fin, quand les AFSB seront livrés, et à qui profiteront les gains d'exploitations accaparés par les péages ferroviaires... A-t-on seulement une connaissance précise et honnête de l'offre ferroviaire prévue sur le tronçon AFSB après la mise en service du GPSO? Quand on leur pose la question, les ingénieurs liés à ce projet regardent leurs chaussures. L'argument des trains du quotidiens ne tient pas un instant , soyons sérieux : une seule voie pour un Bordeaux- Langon contre 2 pour les TGV et Intercités. Et je ne parle même pas de la régularité des trains pendant les années de travaux prévus...Pense-t-on sérieusement que nous puissions avoir un impact positif sur le bilan Carbone de notre Région dans ces conditions? Pour résumer, 5000 ha de bocages, forêts, zones humides, zones agricoles détruites, des écosystèmes fractionnés , une biodiversité fragilisée...Tous nos efforts pour préserver ces zones, classées par endroit Natura 2000, balayées, au pire moment. Il n'y a qu'à voir les cartes et les inventaires (incomplets) fournies dans l'étude d'impact pour se rendre compte que les habitats d'espèces protégées tels ceux des amphibiens, des chiroptères ou encore des hirondelles seront purement et simplement détruits, sans l'ombre d'une compensation crédible. Ces 2 dernières espèces qui, par ailleurs, ont trouvé refuges dans les quelques 35 habitations qu'SNCF réseaux détruit actuellement, ou compte le faire prochainement. Je ne parle même pas de l'impact carbone du chantier, ni de son impact sur les transports de matières premières ou des carrières qui ne compteront pas dans l'objectif ZAN, d'autres le feront à ma place dans leurs contributions, j'en suis certain. Tout ceci pour favoriser potentiellement 10% de la population active et leur faire gagner 20 minutes de transport, au détriment des autres travailleurs, lycéens, étudiants qui se déplacent chaque jour vers Bordeaux ou le long de la ligne jusqu'à Langon en TER. Aux contributeurs concernés par un trajet Bordeaux Toulouse : est-ce que mon intérêt personnel est l'intérêt général ? Il n 'est jamais trop tard pour réviser sa philosophie, même après le BAC.
Lieu : Saint-Selve.
Avis écrit par Aurélien Lentretien.
Avis Contre.