Opposition aux AFSB : Inutilité du projet

Députée de la 9eme circonscription de la Gironde, je marque mon opposition au projet des Aménagements Ferroviaires au Sud de Bordeaux (AFSB), en m'appuyant sur des arguments techniques solides et des préoccupations bien fondées concernant son utilité et son impact. La ligne actuelle entre Bordeaux et Saint-Médard-d’Eyrans comprend deux voies de circulation avec des quais extérieurs pour la montée et la descente des voyageurs. Bien que ces infrastructures présentent certaines limitations, notamment en raison des onze haltes sur quarante-et-un kilomètres et de l'absence de possibilités de dépassement, elles fonctionnent de manière satisfaisante. Le projet AFSB propose la création d'une troisième voie dédiée aux TER périurbains et d'une quatrième voie avec un quai central dans certaines gares. Cependant, cette configuration oblige les TER omnibus à circuler en voie unique, réduisant ainsi les possibilités d'augmenter leur nombre. En mai 2022, la SNCF a reconnu l'impossibilité de faire circuler tous les TER sur la troisième voie et a proposé la variante V2M. Cette variante, malgré une augmentation des coûts, n'apporte aucune amélioration significative par rapport à la situation actuelle. Le graphique de circulation, fourni par SNCF Réseau, montre que tous les trains des projets LGV et RER girondins empruntent les voies existantes une et deux, avec une capacité de dix circulations par heure et par sens, bien au-delà des huit circulations prévues en période de pointe. Cela démontre une réserve de capacité de plus de vingt-cinq pour cent sur les voies existantes. La troisième voie, dans ce contexte, serait utilisée par un seul TER omnibus dans le sens Bordeaux-Langon, une situation qui pourrait être gérée par les voies existantes si les quais étaient conservés. Les améliorations pratiques nécessaires à la ligne actuelle incluent la banalisation des voies existantes et la suppression des passages à niveau, en concertation avec les maires concernés. Les gares de Bègles, Villenave d’Ornon, Cadaujac et Saint-Médard-d’Eyrans peuvent être aménagées sur leurs lieux actuels, évitant ainsi des expropriations inutiles et coûteuses. Abandonner la troisième voie permettrait de réduire le coût du projet de un milliard d'euros de quatre-vingt-cinq pour cent. Tous les trains ne seraient pas ralentis de cinq à dix minutes inutilement pendant neuf ans de travaux, et trente mille tonnes de CO2 ne seraient pas émises pour un projet non nécessaire. De plus, les riverains ne subiraient pas les nuisances liées à des travaux inutiles. En conclusion, il est impératif de reconsidérer la pertinence du projet AFSB à la lumière de ces éléments. Le bon sens et le pragmatisme doivent prévaloir, en particulier lorsque des dépenses publiques importantes et des impacts environnementaux sont en jeu. Je vous remercie

Lieu : Bazas.

Avis écrit par Sophie Mette.

Avis Contre.