En tant que sénatrice de la Gironde, j’ai interrogé le 15 mai 2024 sous la forme d'une question orale M. Patrice Vergriete, ministre délégué chargé des transports, quant à l'utilité publique des aménagements ferroviaires au sud de Bordeaux (AFSB). J'expliquais que ces infrastructures, qui visent à créer une troisième voie de douze kilomètres à la sortie sud de l'agglomération, nécessitent des travaux, coûteux, longs et nuisibles d'un point de vue environnemental. Ils sont en effet prévus pour durer au moins 9 ans et devront émettre 30 000 tonnes de CO2, pour un coût de 1 milliard d'euros. Or, au-delà de ces éléments connus depuis le démarrage du projet, leur inutilité publique est désormais établie par le graphique de circulation S4, produit en 2023 par SNCF Réseau. Il démontre la capacité des deux voies existantes à absorber tout le trafic prévu par le dossier d'enquête publique à la mise en service des lignes à grande vitesse (LGV) Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax d'une part et du RER métropolitain d'autre part. Ce dossier prévoit « jusqu'à 8 trains par heure » alors que le graphique indique une capacité de 10 trains sur les deux voies actuelles et atteste ainsi d'une réserve de capacité de 25 %. J’ajoutais que SNCF Réseau oppose à présent une desserte de Saint-André-de-Cubzac à Beautiran, desserte qui n'est pas prévue au dossier d'enquête publique, n'est pas chiffrée et dont l'utilité publique n'est pas démontrée. Enfin, je relevais les conséquences pour les riverains concernant l'impact sonore de ces aménagements, en particulier à Bègles, où un ouvrage de type saut-de-mouton est prévu sans dispositif de protection phonique associé. Aussi, je demandais le réexamen de l'utilité publique du projet à travers la réalisation d'une expertise indépendante. Cette requête étant restée à ce stade sans réponse, j’exprime un avis défavorable quant à l’utilité avérée des AFSB.
Lieu : talence.
Avis écrit par Monique De Marco.
Avis Contre.