Pour une vraie formation en Ecologie dans les Grandes Ecoles d'ingénieurs, ENA etc... et diminuer l'emprise des lobbies du BTP

Bonjour, Pour avoir observé au cours de ces quarante dernières années les projets d'infrastructures et d'urbanisme au niveau européen, j'en suis venu à penser qu'il est grand temps de réformer en profondeur nos grandes écoles et de regarder le fonctionnement de nos institutions et des prises de décision. Pour le projet AFSB, l'enquête publique permet aux citoyens et associations, etc... de donner leur opinion. Je constate à la lecture des contributions que celles-ci sont majoritairement opposées au projet . Comment peut-on s'en étonner? Malgré cette opinion des opposants argumentée, s'appuyant sur des données scientifiques publiques, on assiste à une volonté de passage en force avec des moyens financiers soutenant des projets qui laissent non seulement dubitatifs par leur ampleur, mais aussi par le haut niveau de nuisance au regard des enjeux climatiques, écologiques et pour rester dans le sujet face au délabrement du réseau ferroviaire dit secondaire pour ne parler que de ce service public. Après la première guerre mondiale, la Compagnie des chemins de fer a développé une ligne directe Venise-Agen! pour faire venir du Frioul des agriculteurs en remplacement des agriculteurs français morts à la guerre et occuper les terres laissées en friche. Une ligne transversale et européenne! Qu'est-elle devenue, recouverte de friches, comme d'autres lignes du Sud-Ouest? Jusqu'en 1973, à l'époque du 1er choc pétrolier, le trafic de fret fluvial sur la Garonne était à son paroxysme, avant une disparition brutale due aux choix politiques . Alors que des signes annonçaient des problèmes futurs d'approvisionnement en pétrole, on a reporté tout le fret sur les routes, construisant autoroutes et favorisant outrageusement le transport routier au détriment des autres moyens de transports moins impactants. Aujourd'hui, le projet de ligne ferroviaire entre Bordeaux et Lyon n'est pas soutenu alors qu'il participerait au maillage ferroviaire sans avoir à "monter" à Paris. En fait, les choix politiques concernant la LGV ressemblent à une moindre échelle à une colonisation du type conquête du Far West où les autochtones doivent se soumettre ou périr. Malheur à qui s'oppose à ces projets destructeurs et tous les moyens sont bons. La seule différence est que les coûts, eux, sont et seront, pour une part, décentralisés y compris sur le plan environnemental, comme le soulignent les contributeurs! C'est exactement ce qui se passe en Italie en voulant régionaliser un certain nombre de services publics, le gouvernement actuel va créer des différences régionales, et en creusant davantage le fossé entre Nord et Sud. En ce qui nous concerne, nous assistons au creusement du fossé entre Métropoles et les "Provinces plus ou moins lointaines de ces Métropoles". Dans tous ces gros projets ferroviaires et autoroutiers, le dicton "Quand le bâtiment va, tout va!" est l'adage du pouvoir décisionnel et augure mal du futur de nos paysages, même, si on repeint tout en vert, comme c'est la tendance! C'est pour cette raison qu'il serait souhaitable de réformer nos Grandes Ecoles. Nos jeunes ingénieurs doivent s'émanciper des lobbies, pour notre bien commun, et ne plus avoir pour unique vue le PNB, mais viser plutôt le Bonheur National Brut (BNB).

Lieu : Camblanes-Et-Meynac.

Avis écrit par Philippe Hebrard.

Avis Contre.