CONTRIBUTION DU GROUPE LES ECOLOGISTES PESSAC-GRADIGNAN-CESTAS-CANEJAN

Contribution du Groupe Les Ecologistes de Pessac Gradignan Cestas Canéjan - Notre groupe Les Ecologistes Pessac – Gradignan - Cestas - Canéjan se prononce contre le projet d’Aménagements Ferroviaires du Sud de Bordeaux pour plusieurs raisons majeures : • Absence de démonstration de l’utilité des AFSB pour le RER métropolitain : Le dossier d’enquête publique brille par son absence de traitement des trajets du quotidien. L’enquête publique construite sur une version de juin 2014 ne mentionne en aucun cas le RER métropolitain pourtant au cœur des aménagements prioritaires sur la métropole bordelaise et ses environs. Le dossier n’ayant pas été mis à jour au regard des évolutions de déplacements entre 2013 et 2024 il en résulte une absence totale de démonstration de l'utilité de ces AFSB pour ce qui concerne à la fois le RER Métropolitain mais également le fret ferroviaire. Dans un contexte d'urgence climatique et sociale où il est nécessaire d'offrir des alternatives à la voiture individuelle et de décloisonner le monde rural avec des prix de transport et des temps de parcours attractifs, l’accès doit être facilité aux trains régionaux pour répondre aux déplacements du quotidien. Il semble évident que notre préférence va à l’amélioration de ces déplacements. Dans le cadre des AFSB, il n’est pas démontré que la voie centrale unique prévue soit compatible avec une fréquence du RER métropolitain à la demi-heure et en aucun cas à son évolution au quart d'heure. Pire, dans le dossier produit par SNCF réseau en 2023 et donc actualisé au regard du trafic actuel et de ses projections, il est démontré que l’utilisation des deux lignes existantes serait largement suffisante pour absorber le trafic actuel, la mise en service des deux lignes à grande vitesse de Bordeaux Toulouse et de Bordeaux Dax et le RER métropolitain. Il parait donc évident qu’il faut à la fois réactualiser les études de 2012 et se poser la question d’une réévaluation de l’utilité publique des AFSB. • Un très lourd impact environnemental : Ces premiers aménagements, préalables au projet écocide plus conséquent encore du GPSO, auront des conséquences désastreuses sur la biodiversité, les écosystèmes locaux, la qualité de l'air et de l'eau ainsi que sur le bruit généré pour les riverains des voies à la fois pendant les 9 années interminables de travaux mais aussi pendant l’exploitation de la ligne. A propos du bruit, en particulier, le projet ne prend pas en compte l’augmentation du trafic induit pour les riverains. D’une façon générale dans le dossier, la maitrise d’ouvrage se contente de reconnaitre qu’un millier de bâtiments seront confrontés à un bruit ne répondant pas aux normes acoustiques malgré les aménagements. Il en va de même pour le risque inondation, le traitement des déchets ou le traitement de la pollution des sols. Sur l’ensemble de ces sujets primordiaux, le maître d’ouvrage se contente chaque fois de faire un inventaire des risques sans proposer de solutions concrètes. Ce n’est pas acceptable. Le projet va générer l’émission de plus de 30 000 tonnes de CO2, pour un coût d’un milliard d’euros. Ce sont des travaux extrêmement impactants. Le déploiement de cette troisième voie va détruire de nombreuses zones humides ainsi que plusieurs zones classées Natura 2000 qui ne pourront jamais être compensées à la hauteur de leur perte. Pour rappel, l’étude d’impact actualisée des AFSB a reçu récemment un avis défavorable du Conseil national de protection de la nature (CNPN) concernant sa demande de dérogation à l’interdiction de destruction d’espèces végétales et animales. • Une consultation peu visible et menée en plein cœur de l’été qui ne permet pas aux citoyens de s’informer et de participer dans les meilleures conditions : Nous remettons en cause le déroulement de cette enquête publique en pleine période estivale et demandons qu’une consultation publique plus large et déployée jusqu'à la fin du mois de septembre soit mise en place. Nous demandons une meilleure transparence de l’information avec l'organisation de réunions publiques pour mieux expliquer le dossier et les arguments de la SNCF. En l’état actuel des informations délivrées, un dossier de plusieurs centaines de pages, sans présentation claire et résumée, il est impossible pour la population de comprendre l’impact des AFSB sur leur vie quotidienne, le lien avec le déploiement du RER métropolitain et la suite envisagée avec le projet GPSO. • Des coûts sociaux-économiques disproportionnés et pharaoniques : Le projet des AFSB est de plus d’un milliard d’euros et fait partie intégrante d'un projet beaucoup plus coûteux encore, celui du GPSO, dont le coût non actualisé est de plus de 14 milliards d'euros. Ce projet dispendieux sera probablement majoré financièrement au moment de son lancement. Il aura un impact sur les dépenses publiques et le développement économique local. Il détruira 4 830 d’hectares de terres agricoles, boisés et coupera d’une balafre la vallée du Ciron à l’écosystème irremplaçable et ce à travers 327 kilomètres de lignes nouvelles. Pour conclure, nous défendrons toujours des solutions d'aménagement qui préservent les espaces naturels tout en répondant aux besoins de développement des territoires et de mobilité des habitants. Il semble que ce projet ne réponde à aucun de ces critères et ne bénéficie en aucun cas aux transports du quotidien.

Lieu : Pessac.

Avis écrit par Patricia Fenocchio.

Avis Contre.