Les AFSB ont longtemps été présentés comme indépendants du GPSO et consacrés à l’amélioration des trains du quotidien dans le cadre du RER métropolitain. Ce que toutes les enquêtes d’usagers montrent c’est la nécessité d’une amélioration de la fréquence des dessertes TER dans toute la région, et notamment sur l’axe Bordeaux-Langon afin de changer de façon radicale les modes de déplacement, l'axe routier sur ce tronçon étant au bord de l'asphyxie. Or les AFSB ont été conçus dans un autre but, même si la SNCF nous vante et nous vend une « augmentation de la capacité de la ligne existante » et une « amélioration de la fiabilité et de la régularité des trains ». L’association TransCub a largement démontré que la ligne existante est loin d’être saturée d’une part. D’autre part la démonstration reste à faire d’une amélioration de la fiabilité des TER quand on sait que la plupart des retards sont générés aujourd’hui par l’état du matériel roulant et que de surcroît, les 10 ans de chantier seront une régression totale en matière de régularité. L’urgence absolue d’une réorientation des transports du quotidien est là, devant nous. Non pas en 2050 mais tout de suite. Nous ne pouvons pas prendre le risque de diminuer le faible pourcentage des usagers du train quotidien dans la Région pendant les 10 ans de chantier pour une hypothétique amélioration qui consiste surtout à ajouter une voie pour le TGV au prix de saccages environnementaux énormes. Le rapport de l’AE rappelle que 5 zones humides sont impactées par le projet et les néo-aquitains ont déjà fait l’expérience des mesures de compensation pour les grands projets précédents. Ces mesures ne compensent pas la destruction d’un capital aussi précieux que nos zones humides qui ne cessent d’être avalées par des mesures d’artificialisation des sols, malgré les engagements de ZAN. Le CNPN ajoute que "sur ce projet lourd et impactant, toutes les incidences n’ont pas été prises en compte" et émet un avis négatif sur les demandes de dérogation. Peu d'acteurs au final, mis à part les porteurs de projet, sont convaincus des bienfaits écologiques de ces AFSB ! Il apparaît même que la SNCF et les pouvoirs publics qui l’accompagnent n’ont pas pris la mesure de la catastrophe climatique qui est déjà là et des délais très courts dont nous disposons pour éviter les pires scénarios. Ils continuent de parier sur un monde aux ressources infinies et une logique productiviste. Avec les 14 milliards du projet GPSO nous pouvons rénover les lignes régionales (Limoges-Angoulême, Bordeaux-Toulouse, Bordeaux Nantes, Agen-Auch…) réhabiliter les lignes locales comme Blaye-St Mariens, ré-ouvrir les grandes liaisons nationales comme la ligne Bordeaux-Lyon et continuer de rénover la POLT (Paris-Orléans-Limoges-Toulouse). Il restera encore de l’argent pour supprimer des passages à niveau, améliorer la sécurité aux abords des voies (ce qui est d'utilité publique) et construire des murs anti-bruit entre Bordeaux et Langon.
Lieu : Bordeaux.
Avis écrit par Sylvie Nony.
Avis Contre.