Avis défavorable à l'enquête publique concernant les AFSB ouverte le 15-07-2024

avenir des quelques espèces animales et végétales légalement protégées qui vivent dans le tracé des AFSB se joue-t-il vraiment aujourd’hui ? L’autorisation de les détruire sera-t-elle acceptée ? On sait bien que les gros travaux qui devraient toucher la vallée de la Garonne sur plusieurs kilomètres pendant près d’une décennie vont entraîner le cloisonnement d’habitats de la faune et de la flore, la destruction de la vie d’écosystèmes boisés, de prairie, de zones humides qui se côtoient dans la vallée de la Garonne (dans son lit majeur). On sait bien qu’il est impossible de recréer ailleurs la vie d’ici. On sait bien qu’il est impossible de compenser les pertes environnementales. Et l’homme dans tout cela ? Comment pourrait-il vivre sereinement dans un milieu toujours plus bruyant, plus poussiéreux, plus gris que vert, plus artificialisé ? Ce sont quelques raisons pour lesquelles je suis totalement défavorable à la demande d’autorisation environnementale déposée par SNCF Réseau auprès de la Préfecture. D’ailleurs je note que, à la demande d’autorisation environnementale déposée en janvier 2024 par SNCF Réseau, le Conseil national de la protection de la nature du 26 avril 2024, par la voix de son Président de la commission espèces et communautés biologiques, a émis un avis défavorable à cette demande de dérogation « qui doit être davantage travaillée et précisée, notamment sur les aspects de la compensation et du respect de la trame verte... » (p.54 du dossier d’autorisation environnementale unique, pièce I1). Dans son mémoire (pièce I1) et sur ces sujets, le maître d’ouvrage n’apporte pas de précisions très claires, sans doute parce qu’il ne le peut ! Les AFSB devraient se poursuivre sur 8 années et, pour illustrer quelque peu l’énormité des travaux, déblayer 260000 m3 de terre, en remblayer plus de 200000 ... Or, les AFSB ne représentent que le petit bout Nord du GPSO Lignes Nouvelles (110 km). Peut-on imaginer le poids des contraintes que devront supporter de nombreux aquitains ; ils devront souffrir, pour le moins, 10 années de leur vie pour que quelques privilégiés toulousains puissent joindre Paris en 3 H.... Mais tout est affaire de gros sous et, comme la France montre chaque année un fort déficit et que sa dette explose, que l’on n’est pas sûr d’avoir de subvention européenne (ce que l’on veut construire ne conduit toujours pas dans le pays voisin), que Jean Castex (juste avant de laisser son mandat de 1er ministre) a engagé l’État à ne payer que 4,1 milliards d’Euros, que la totalité des travaux coûteraient 14,3 milliards (ce qui est largement sous-estimé), ce sont les collectivités territoriales qui doivent contribuer et, cerise sur le gâteau, ceux qui sont à moins d’une heure de voiture d’une future gare, c’est-à-dire ceux qui pâtissent et pâtiront de la construction des LGV ! En effet, ils sont déjà mis à contribution avec la taxe spéciale GPSO et, ce, pour plusieurs décennies et pour un montant non établi, variable dans les temps et les lieux ... Mais dans quel pays vivons-nous ? Le GPSO, un cas d’école pour illustrer un dévoiement de la démocratie.

Lieu : Saint-Morillon.

Avis écrit par Françoise Delpech.

Avis Contre.