Avis défavorable sur AFSB

Je n’ai pas de compétence particulière en matière d’environnement. Cela m’incite à avoir confiance dans les mesures de compensation qui sont prises au titre du projet AFSB. Par contre, les avis circonstanciés que j’avais émis lors de l’enquête d’utilité publique en 2014 avaient incité la Commission à venir m’exprimer devant elle. L’activité humaine a des effets notables sur l’environnement, et comme on dit, « on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs ». Le projet AFSB n’échappe pas à ce reproche, quelles que soient les mesures compensatoires prises ici ou ailleurs. Il est inévitable de rogner un peu sur les espaces naturels pour élargir les emprises ferroviaires. Il est inévitable aussi de consommer encore du béton, matériau dont la production libère d’importantes quantités de gaz carbonique, substance qui n’est pas la bienvenue dans l’atmosphère. La question reste donc de savoir si cela vaut le coup ou non de "casser des oeufs". Autrement dit la question environnementale et la question de l’utilité finissent par se rejoindre. Depuis plusieurs décennies, la distance moyenne entre le domicile et le lieu de travail ne fait qu’augmenter. C’est un choix délibéré pour certains. C’est une nécessité financière pour beaucoup d’autres qui n’ont pas les moyens de se loger près des villes. Reste à savoir si l’économie réalisée sur le logement n’est pas absorbée par le surcoût des trajets quotidiens. Quant au temps consacré au travail, il se compose d’une part directe, qui est le temps de travail effectif, et d’une part indirecte qui est le temps consacré aux transports. Aussi, pour ceux qui n’ont eu d’autre choix que d’habiter loin, l’amélioration des conditions de transport n’est qu’un palliatif. Et cet étalement urbain est évidemment préjudiciable à l’environnement par les consommations en tous genres qu’il provoque (espace, énergie, etc). Cela étant, bien malin sera le décideur qui saura réduire la distance entre domicile et travail. Alors, il semble qu'il n’y aura pas d’autre choix que de chercher à améliorer les infrastructures de transport pour limiter les conséquences de cet état de fait. Il a été fait le choix de rendre possible une desserte cadencée au quart d’heure de toutes les gares entre Bordeaux et Beautiran. L’examen des graphiques de circulation montre que c’est précisément cette demande qui rend nécessaire la construction d’une troisième voie. Une desserte à la demi-heure est parfaitement réalisable sur les deux voies actuelles. Le potentiel de trafic justifie-t-il la desserte omnibus au quart d’heure ? Probablement pas. En effet, la vallée de la Garonne entre Bordeaux et Beautiran, ce n’est pas la région parisienne du point de vue de la densité de population, et c’est mieux ainsi. C’est pourquoi j’estime que quelles que soient les mesures compensatoires, il n’est pas opportun de construire les AFSB. J’émets donc un avis défavorable bien que je fasse partie de plusieurs associations d’amateurs et de défenseurs du chemin de fer, associations dont je ne partage pas forcément les avis. NB : la liaison Bordeaux Dax a un tracé déplorable d’où un gain de temps d’une poignée de minutes par rapport à la situation actuelle. Mais si elle avait été conçue pour accueillir aussi des trains de fret, ce qui est compatible avec son profil favorable, les AFSB présenteraient un tout autre intérêt. Mais la mixité a été écartée, alors je maintiens mon avis défavorable.

Lieu : bordeaux.

Avis écrit par Xavier Lavaud.

Avis Contre.