Opposition au projet d’aménagements ferroviaires au sud de Bordeaux

En tant qu’habitant du sud gironde et chercheur en Ecologie, spécialisé sur la réponse des forêts aux changements climatiques, je m’oppose au projet d’aménagements ferroviaires au sud de Bordeaux (AFSB) pour deux principales raisons. La première raison est d’ordre économique et sociale. Bien que ce projet ait été qualifié d’intérêt public majeur pour justifier de sa mise en œuvre et de l’investissement important qu’il représente, il ne va pas dans le sens d’un développement durable et vertueux du territoire. La tendance actuelle tend vers un exode urbain par un retour aux zones rurales et villes moyennes. Cette tendance devrait se voir alors accompagnée par une densification du réseau ferroviaire en campagne, via la réhabilitation des lignes existantes des campagnes vers les métropoles (Bordeaux, Toulouse, Dax) et via l’augmentation de l’affluence des trains régionaux (TER). Le financement de cette densification du réseau rural-urbain permettrait de faciliter le déplacement des habitants du territoire tout en réduisant le coût écologique des transports encore largement dominés par l’usage individuel de la voiture. Hors, le projet AFSB vise exactement l’inverse, à savoir optimiser les connexions entre les grandes villes de Bordeaux, Dax et Toulouse au détriment des campagnes et petites villes du territoire. Le seconde raison est d’ordre environnementale. La construction de nouvelles lignes ferroviaires à grande vitesse impactera significativement le fonctionnement écologique et la durabilité des écosystèmes en fragmentant de nouveau les paysages environnants. Pourtant, l’effet de la fragmentation des habitats sur l’érosion de la biodiversité (ordinaire et exceptionnelle) est très bien connu et documenté à ce jour. Des mesures de compensation écologique ne remplaceront jamais les dommages causés aux écosystèmes en jeu. Au contraire, un projet de réhabilitation des lignes existantes serait davantage pertinent environnementalement autant que socialement, en minimisant les impacts. Un des impacts majeur du projet AFSB concerne la forêt ancienne du Ciron. Des travaux de recherche ont montré que cette forêt relictuelle de Hêtre et autres espèces d’arbres feuillus est remarquable tant pour son originalité que son âge et sa biodiversité. La protection des forêts anciennes telle que la ripisylve du Ciron doit être considérée prioritaire face à tout projet d’aménagement. En effet, notre capacité en tant que citoyens et décideurs à faire face aux changement climatiques passe par la préservation de ce patrimoine génétique et écologique, exceptionnel à l’échelle mondiale. L’importance des recherches dans ce sens est documenté dans les articles de presse suivant : https://www.inrae.fr/actualites/aquitaine-hetraie-du-ciron-resiste-au-temps-commence-livrer-ses-secrets Pierre Puchot, « La forêt française, un bien commun en danger », Le Monde Diplomatique, Mai 2024. En conclusion, je m’oppose au projet AFSB qui n’oeuvre pas au développement durable des territoires ni à la préservation des ressources écologiques indispensable au maintien des conditions de vie des habitants et espèces végétales et animales environnantes.

Lieu : Préchac.

Avis écrit par Frejaville Thibaut.

Avis Contre.