Un projet qui va augmenter l'arficialisation et la fragmentation des espaces naturels

Je m'oppose à la délivrance de l'autorisation environnementale car le projet AFSB contribue à l’artificialisation et la fragmentation d’espaces naturels. Or, faut-il le rappeler, l’artificialisation est une des causes majeures d’effondrement de la biodiversité par la perte d’habitat que cela occasionne pour les espèces animales, végétales et fongiques. Le projet GPSO dans lequel s’inscrivent les AFSB contribuerait à artificialiser des milliers d’hectares, dans une région où la pression sur la biodiversité pour cause d’artificialisation est déjà très forte due à la métropolisation des agglomérations bordelaise et toulousaine (Cartographie des pressions anthropiques en France continentale métropolitaine p. 43 – https://inpn.mnhn.fr/docs-web/docs/download/384370). En plus de la perte d’habitat, les infrastructures sont également très préjudiciables à la biodiversité par les effets de barrière qui créent de la mortalité et empêchent les échanges génétiques entre populations, et l’Europe est un continent déjà très concerné par ce phénomène : dans 50% des cas, les animaux ou les plantes se situent à moins de 1,5 km d’une infrastructure, et 500 m pour près d’un quart (Assessing large-scale wildlife responses to human infrastructure development - https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4968732/). N’en rajoutons pas, au risque de voir réduire ces distances d’année en année ! La prétention de « compenser » ces espaces perdus est totalement illusoire, étant donné que les surfaces potentielles de compensation se réduisent au fur et à mesure du grignotage par les emprises des projets, et que la fragmentation, elle n’est pas compensée, puisqu’il n’est évidemment pas envisagé de démanteler des infrastructures routières pour la réduire. Tout au plus peut-on la réduire par des palliatifs comme les passages à faune, mais avec un surcoût important et sans garantie de succès (Factors affecting usage of crossing structures by wildlife – A systematic review and meta-analysis https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S00489******11281).

Lieu : Cestas.

Avis écrit par Jérôme Tricaud.

Avis Contre.