Impacts environnementaux indirects liés aux effets-rebond non pris en compte

1/ En ce qui concerne l'impact environnemental direct des AFSB, il a été établi par l'avis défavorable du Conseil National de Protection de la Nature que le dossier restait à consolider. De nombreuses contributions y font référence; 2/ Ce qui est frappant dans ce dossier comme dans beaucoup d'autres de même nature est que les impacts indirects liés aux effets-rebond ne sont pas traités. C'est-à-dire que tout aménagement (comme toute innovation) induit des changements de comportement des acteurs, comportements (par exemple déménagements liés au changement de l'offre de mobilité) qui ont des impacts environnementaux non évalués et qui peuvent être plus importants que l'impact initial (de nombreux travaux d'économistes du transport l'ont montré); certes, ces impacts induits et indirects sont difficiles à évaluer car les changements de comportement sont difficiles à prédire mais les analyses ex-post montrent qu'ils sont déterminants; 3/ Dans le même ordre d'idée, il mis en avant par les promoteurs du projet (voir aussi la contribution de Bordeaux-Métropole) que les AFSB visent d'une part à renforcer la fréquence des TER jusqu'à Langon et d'autre part à permettre la mise en œuvre du projet de ligne LGV jusqu'à Dax et Toulouse. Les AFSB vont indéniablement affecter la probabilité de réalisation de la ligne LGV et les impacts environnementaux du projet GPSO dans son ensemble ne peuvent pas être ignorés sous prétexte que l'enquête ne concerne que les AFSB; il y a ici un biais méthodologique, malheureusement commun à nombre d'enquêtes de même nature; le dossier devrait donc intégrer ces impacts environnementaux; 4/ Le principe de compensation écologique appliquée à ces projets part du postulat que chaque impact environnemental peut être compensé ailleurs mais, sans une prise en compte des impacts indirects et induits de ces attentes, cela est impossible à démontrer. Sans parler d'espèces menacées, il existe de nombreux exemples de bifurcation irréversible. Une analyse des impacts indirects à différentes échelles de temps et d'espace est donc nécessaire en préalable; 5/ Le projet d'AFSB est incompatible avec les trajectoires de transition écologique sur lesquelles l'Etat s'est engagé. Ils s'inscrivent en effet dans la logique du Le "Toujours plus vite, toujours plus loin" dont les impacts écologiques en termes d'énergie fossile et d'émission de gaz à effet de serre sont avérés même si pas encore pris en compte dans les modèles économiques. Il contredit le discours officiel sur la transition écologique et va contre le sens de l’histoire alors que, face aux limites planétaires d’ores et déjà dépassées (« la fin de l’abondance »), il nous faut « ralentir » et revoir en profondeur nos modèles de développement, nos mobilités et nos modes de vie et reterritorialiser nos activités économiques et sociales. Les mesures de compensation proposées n’en sont en général pas vraiment (certains impacts ne peuvent être compensés) et ne changent en rien la logique de développement. En inaugurant les lignes LGV Ouest le 1er juillet 2017, le président de la République avait d'ailleurs déclaré: "« …le combat que je souhaite engager pour les années à venir, c'est celui des transports du quotidien, c'est celui de l'ensemble des mobilités prioritaires à mes yeux. En quelque sorte, en venant inaugurer ce grand projet ce soir et ceux de la journée, je suis en train de vous dire : le rêve des cinq prochaines années ne doit pas être un nouveau grand projet comme celui-là…" C’est pourquoi je considère que ce projet va à l’encontre de l’intérêt de nos territoires et de l’adaptation de nos sociétés aux défis sociaux, climatiques, écologiques et énergétiques auxquels elles font face.

Lieu : Puybarban.

Avis écrit par Antoine Messéan.

Avis Contre.