La Confédération paysanne de Gironde se positionne en totalement contre ce projet d’un autre temps, d’une époque où on pensait que la Terre était infiniment malléable et que les projets humains se faisaient « toutes choses égales par ailleurs ». Mais ces conceptions sont maintenant invalidées par toutes les études scientifiques. Nous sommes dans un emballement climatique et il faudrait ralentir au lieu d’accélérer vers le mur. Alors pourquoi s’entêter ? Ce projet climaticide entraîne la destruction d’espaces naturels protégés : -traversée de 15 plans d’eau présentant un intérêt écologique, de 55 habitats naturels dont 6 sont d’intérêt communautaire au titre de Natura 2000 (zones humides) - 2 ZSC* (bocage humide de Cadaujac et Saint-Médard-d’Eyrans), 3 ZNIEFF*, 1 ENS* impactées - 97 espèces protégées impactées Nombreuses espèces à très fort enjeu écologique impactées (ex : loutre, vison d’Europe, cistude, chauve-souris et autres oiseaux, poissons, reptiles, mammifères, etc) Le chantier en lui-même est source de problèmes majeurs : pas de mesures de prévention de pollution accidentelle liée aux travaux, déplacement de plusieurs milliers de tonnes de remblais et déblais par camion. Les chantiers ont des emprises sur des zones protégées et abritant des espèces menacées. Plusieurs sites sont pollués sur la zone de travaux sans mesure de traitement annoncée. Le volume énorme de déblais (250 000 m³) laisse prévoir un impact majeur sur le sous-sol, notamment hydrologique, qui n’est pas abordé dans le dossier. Les travaux et le projet vont entraîner une dégradation des services TER, pendant au moins 8 ans, et bouleverser les déplacements locaux. Le report modal (avion et voiture vers train) n’est pas étudié et il y a lieu de douter de son impact positif sur le bilan carbone du projet. De toute façon, toutes les études concernant le climat indiquent que tout se joue dans les quelques années qui viennent et que l’emballement du chaos climatique menace de plus en plus. Alors pourquoi une dépense énergétique aussi folle, un tel bouleversement hydrologique et un tel massacre de la biodiversité et des milieux, pour des bénéfices « carbone » hypothétiques qui ne viendront que bien plus tard. Enfin, le gain en terme de temps de trajet semble ridicule vis à vis des dépenses engagées, avec un plan de financement non ré-évalué et peu crédible. Cette LGV, qui serait empruntée objectivement par des CSP+, traverserait des territoires déjà objectivement relégués, dont les populations paupérisées sont et seront appelées à financer un train qu’elles n’emprunteront quasiment jamais. Les sommes dépensées seraient plus utiles en étant affectées à la réduction des fractures territoriales.
Lieu : Blaye.
Avis écrit par Vincent.
Avis Contre.